Et si la solution était dans le sol ?

Nous savons tous que le gaz carbonique (ou dioxyde de carbone) joue un rôle important dans l’effet de serre et donc dans l’évolution trop rapide du climat. Nous savons aussi que nous devons tout faire à l’échelle de l’individu comme à l’échelle des états pour limiter sa production. Les Plans Climat Air Energie des territoires (PCAET) ont proposé diverses actions. Celui de la cAPF est consultable sur son site.

Produire moins de CO2 est un objectif important, mais est il possible de capturer ne serait ce qu’une partie des émissions de ce gaz ? Une piste est ouverte avec l’ingénierie des sols qui vise le stockage durable du carbone dans les sols agricoles.

Le sol est cette mince pellicule de notre planète qui, avec le soleil et l’eau, nourrit la vie sur terre: milieu fragile dont la riche biodiversité s’acquiert au cours de milliers d’années. Les sols sont des réservoirs de ressources pour la bio économie. Les matières organiques du sol sont essentielles à la fois par leur structure et leur activité biologique. Cette matière organique provient en majorité du stockage du dioxyde de carbone par les plantes, contribuant ainsi à l’absorption du CO2 de l’atmosphère et donc à la prévention de dérèglements climatiques.

Nous venons d’apprendre qu’une des zones majeure de cette gestion, la forêt amazonienne, vient de basculer du côté sombre en produisant désormais plus de carbone qu’elle n’en absorbe. La raison est une déforestation incontrôlée qui laisse des sols dépourvus de couverture végétale.

Stocker du carbone dans le sol suppose avant tout que des végétaux le recouvre car ce sont eux qui constituent les seules voies de passage. Cela doit nous encourager, y compris en milieu urbain, à cultiver des pelouses, des fleurs, des légumes, des arbres… Favoriser la place du végétal partout où cela est possible est une solution assez simple et de plus agréable. Nous prenons enfin conscience que l’artificialisation des sols est une mauvaise chose y compris pour les humains.

Cela ne veut pas dire qu’il ne faut pas moissonner les champs ni qu’il ne faut pas utiliser le bois de nos forêts. Il faut partout une gestion adaptée au cycle de la nature : Faire en sorte que ce qui a été retiré soit remplacé afin de maintenir la couverture végétale globale. Pour fabriquer 1m3 de bois la nature consomme 1 tonne de gaz carbonique.

Une action des PCAET de Fontainebleau et Nemours s’intéresse justement à l’ingénierie des sols pour favoriser le stockage du gaz carbonique. Plusieurs laboratoires en France et dans d’autres pays travaillent sur ce sujet et la presse scientifique en parle de plus en plus. Il y est surtout question de forêts et de champs, mais nos jardins avec leurs haies, leurs arbres, sans oublier leur herbe et tout ce qui y pousse ont aussi leur importance !

Semaine pour les alternatives aux pesticides (20 au 30 mars)

Petit rappel : depuis le 1er janvier 2019, vous ne pouvez plus acheter, utiliser ou stocker des pesticides chimiques pour jardiner ou désherber. Pour les collectivités cette interdiction remonte à 2017 pour de nombreux espaces. Samois fait partie des 155 communes de Seine et Marne à avoir obtenu le trophée Zéro Phyto. Mais attention comme le rappelle le Conseil Départemental : Jardiner au naturel, ce n’est pas simplement utiliser un produit d’origine naturelle à la place d’un produit de synthèse. C’est une autre façon d’aborder le jardinage, en faisant preuve de réflexion et de bon sens! 

L’interdiction des produits phytosanitaires est prise pour protéger deux éléments fondamentaux de notre environnement : la ressource en eau en quantité et en qualité et la biodiversité. Sans eau et sans biodiversité…plus de vie !

Pour peu qu’on le souhaite il est assez facile d’envisager le jardinage autrement. De nombreux sites fournissent des conseils sur le sujet.

Mettez en place une rotation des cultures ce qui interrompt le cycle de développement des prédateurs. Pour les mêmes raisons ne plantez pas côte à côte des plantes de la même famille botanique (une bonne occasion pour en savoir plus sur ce que l’on plante).

Laissez une zone du jardin pour les plantes sauvages avec du bois mort, un refuge à insectes… un bon moyen d’accueillir « des prédateurs de vos prédateurs »…

Récupérez l’eau de pluie, arroser les pieds des plantes au moment ou l’évaporation est la plus faible. Paillez les massifs avec vos résidus de tonte, des feuilles mortes, des copeaux obtenus par le broyage suite à la taille de vos haies… Enrichissez votre sol avec le compost obtenu facilement en stockant tous vos déchets organiques.

Ne tondez pas trop court. Plantez des plantes couvre sol si vous n’aimez pas désherber mais ne vous privez privez pas totalement des plantes spontanées si utiles à la biodiversité. Elles attireront des insectes qui pourront polliniser vos arbres fruitiers.

Et puis il a cette qualification si commune : « les mauvaises herbes » . Nous avons coutume d’appeler mauvaises les plantes spontanées alors qu’en réalité on les considère juste comme indésirables là où elles ont décidé de pousser. Ces plantes spontanées n’ont rien de mauvais.

Elles ont même de nombreux atouts : elles nourrissent les insectes et les oiseaux ; elles participent à la lutte contre les insectes indésirables et les maladies des végétaux ; elles améliorent le sol souvent fatigué par les cultures successives. Beaucoup sont aussi comestibles, d’autres sont utiles pour se soigner.

Alors avant d’arracher une « mauvaise herbe » essayez de la connaitre et vous serez surement surpris de découvrir tout ce qui se cache dans ce petit bout de végétal. Il existe plusieurs applications sur Smartphone qui vous aide à identifier une plante à partir d’une photo (pour ma part j’utilise Plantnet qui utilise le principe des sciences participatives) )

L’Atlas de la Biodiversité Communale va aussi s’intéresser à tout ce qui pousse à Samois alors participez aussi en scrutant votre jardin et pour en savoir plus abonnez vous sur samoisbiodiversite.fr