L’eau : un bien précieux dont il faut prendre soin

Pour nous, habitants d’Ile de France, l’eau est un bien de consommation qui passe un peu inaperçu, sauf lorsqu’on reçoit la facture du délégataire. Il est si facile d’ouvrir le robinet et de laisser couler…

On pense parfois à l’eau quand les médias nous alarment sur une période de sécheresse qui dure et qu’un arrêté préfectoral nous interdit d’arroser notre pelouse ou de remplir notre piscine. Mais … en tenons-nous vraiment compte ? Nous avons au fil du temps acquis l’idée que l’eau était disponible à volonté dans nos maisons et nous en avons déduit que ce n’était pas une chose précieuse. 

Aujourd’hui nous comprenons enfin que l’eau n’est pas une ressource inépuisable et que l’eau non polluée est de plus en plus rare.

Car il faut être conscient que la majeure partie de l’eau que nous utilisons, nous la polluons. Y compris celle qui nous sert à arroser notre jardin quand nous l’avons au préalable aspergé de pesticides ou d’engrais. 

L’esprit humain est ainsi fait qu’il faut du temps pour admettre que la nature ne peut pas tout résoudre indéfiniment et que tout connait un jour une limite. Le sol filtre l’eau mais, quand il y a trop de polluants, la nappe est polluée. Rivières et mers ont un rôle purificateur mais seulement jusqu’à un certain point.  

L’eau de notre robinet est « potable ». (ce qui n’est pas le cas de tous les pays européens)  Ce qui veut dire qu’elle a été traitée et ces traitements sont de plus en plus complexes et de plus en plus couteux car la ressource est elle-même de plus en plus polluée. Il est urgent de sortir de ce cycle infernal au bout duquel l’eau potable deviendrait rare pour beaucoup parce que son cout serait prohibitif.

Pour faire face à ce défit il faut à la fois économiser l’eau de nos réseaux et ne pas la polluer. 

Une chose simple et pourtant souvent négligée : éviter le goutte à goutte, la petite fuite qui semble insignifiante du robinet ou de la chasse d’eau. Au cours d’une journée ce sont des litres d’eau qui partent à l’égout. Au final cela peut représenter jusqu’à 20% de votre facture.

Une chasse d’eau à double commande permet, si vous prenez garde à l’utiliser correctement, d’adapter le flux d’eau à ce qui est nécessaire. On peut d’ailleurs se demander s’il est normal d’utiliser de l’eau potable dans les WC…
Vous voulez vous doucher mais l’eau arrive froide, alors on la laisse couler. Pour limiter ce problème il faut isoler les tuyaux d’eau chaude, cela évitera de devoir les chauffer de façon importante lors de chaque demande. 
Un mitigeur thermostatique permet de ne pas rechercher par manipulations successives le « bon mélange ». 

Tout le monde connait les recommandations habituelles : préférer la douche au bain, ne pas laisser l’eau couler inutilement, utiliser des appareils économes, laver sa voiture dans les stations à récupération d’eau…Mais on peut savoir sans pour autant appliquer. L’objectif est désormais de passer à la vitesse supérieure ! 

Il y a aussi l’eau qui tombe du ciel. Récupérer l’eau de pluie est important en particulier pour arroser le jardin en période de sécheresse.

Au jardin diverses précautions peuvent être prises pour limiter ce besoin d ‘arrosage : pailler le sol autour des plantes, arroser le soir pour profiter de la fraicheur nocturne, choisir des variétés moins gourmandes en eau, préférer les espèces locales mieux adaptées au climat… et n’arroser pas votre pelouse ! Une pelouse transformée en paillasson ce n’est vertes pas joli mais dès les premières pluies elle reverdira, c’est le cycle de la nature. Et bien évidemment vous aurez planté un gazon qui demande peu d’eau…

N’hésitez pas à lire et à relire le fascicule « Cordialement Vert » écrit par la commune et disponible en mairie.

Semaine pour les alternatives aux pesticides (20 au 30 mars)

Petit rappel : depuis le 1er janvier 2019, vous ne pouvez plus acheter, utiliser ou stocker des pesticides chimiques pour jardiner ou désherber. Pour les collectivités cette interdiction remonte à 2017 pour de nombreux espaces. Samois fait partie des 155 communes de Seine et Marne à avoir obtenu le trophée Zéro Phyto. Mais attention comme le rappelle le Conseil Départemental : Jardiner au naturel, ce n’est pas simplement utiliser un produit d’origine naturelle à la place d’un produit de synthèse. C’est une autre façon d’aborder le jardinage, en faisant preuve de réflexion et de bon sens! 

L’interdiction des produits phytosanitaires est prise pour protéger deux éléments fondamentaux de notre environnement : la ressource en eau en quantité et en qualité et la biodiversité. Sans eau et sans biodiversité…plus de vie !

Pour peu qu’on le souhaite il est assez facile d’envisager le jardinage autrement. De nombreux sites fournissent des conseils sur le sujet.

Mettez en place une rotation des cultures ce qui interrompt le cycle de développement des prédateurs. Pour les mêmes raisons ne plantez pas côte à côte des plantes de la même famille botanique (une bonne occasion pour en savoir plus sur ce que l’on plante).

Laissez une zone du jardin pour les plantes sauvages avec du bois mort, un refuge à insectes… un bon moyen d’accueillir « des prédateurs de vos prédateurs »…

Récupérez l’eau de pluie, arroser les pieds des plantes au moment ou l’évaporation est la plus faible. Paillez les massifs avec vos résidus de tonte, des feuilles mortes, des copeaux obtenus par le broyage suite à la taille de vos haies… Enrichissez votre sol avec le compost obtenu facilement en stockant tous vos déchets organiques.

Ne tondez pas trop court. Plantez des plantes couvre sol si vous n’aimez pas désherber mais ne vous privez privez pas totalement des plantes spontanées si utiles à la biodiversité. Elles attireront des insectes qui pourront polliniser vos arbres fruitiers.

Et puis il a cette qualification si commune : « les mauvaises herbes » . Nous avons coutume d’appeler mauvaises les plantes spontanées alors qu’en réalité on les considère juste comme indésirables là où elles ont décidé de pousser. Ces plantes spontanées n’ont rien de mauvais.

Elles ont même de nombreux atouts : elles nourrissent les insectes et les oiseaux ; elles participent à la lutte contre les insectes indésirables et les maladies des végétaux ; elles améliorent le sol souvent fatigué par les cultures successives. Beaucoup sont aussi comestibles, d’autres sont utiles pour se soigner.

Alors avant d’arracher une « mauvaise herbe » essayez de la connaitre et vous serez surement surpris de découvrir tout ce qui se cache dans ce petit bout de végétal. Il existe plusieurs applications sur Smartphone qui vous aide à identifier une plante à partir d’une photo (pour ma part j’utilise Plantnet qui utilise le principe des sciences participatives) )

L’Atlas de la Biodiversité Communale va aussi s’intéresser à tout ce qui pousse à Samois alors participez aussi en scrutant votre jardin et pour en savoir plus abonnez vous sur samoisbiodiversite.fr

Les Zones Humides

L’eau est indispensable à la vie. Elle est une des composantes essentielles des êtres vivants, autant que des écosystèmes et des sociétés humaines. Les zones humides, comme leur nom l’indique, sont gorgées d’eau, temporairement ou en  permanence. Elles jouent un rôle de premier plan dans le cycle de l’eau. Elle stockent l’eau en période d’inondation et la restitue en période de sécheresse. Sans eau pas de zones humides, sans zones humides pas d’eau !

Les zones humides sont de véritables éponges qui absorbent l’eau lorsqu’elle est abondante – en hiver ou lors des crues – et peuvent la restituer quand elle devient rare, participant ainsi à l’alimentation en eau pour la consommation humaine et aux besoins des activités agricoles et industrielles en rechargeant les nappes phréatiques et les cours d’eau. Ce fonctionnement d’«éponge » retarde l’apparition des sécheresses et participe également à la réduction des inondations. Les zones humides réduisent les effets et l’ampleur des crues en agissant de deux manières : elles diminuent le débit de l’eau et étalent le débit maximal dans le temps en permettant à l’eau de déborder dans des zones sans risque autour des cours d’eau ; elles diminuent la vitesse d’écoulement des eaux et dissipent l’énergie hydraulique des cours d’eau grâce à leur végétation et leurs sédiments.

Exemple : Pour les 30 000 ha de la plaine alluviale de la Bassée, en amont de Paris, la valeur économique du service d’écrêtement des crues (diminution et étalement du débit de l’eau) est évaluée entre 208 et 3 841 €/ha. (Etudes et documents n°77 – CGEDD, 2012)

Si les océans et les forêts sont souvent comparés aux «poumons» de la planète, les zones humides en sont les «REINS». Elles jouent un rôle essentiel dans l’approvisionnement en eau de nos sociétés en participant activement à l’épuration de la ressource en eau. Une zone humide fonctionne comme un filtre naturel qui reçoit les matières minérales et organiques produites sur le bassin versant, les emmagasine, les transforme et les restitue progressivement à l’environnement. Les zones humides jouent donc un rôle extrêmement efficace pour améliorer la qualité des eaux.

A Samois nous avons la Seine avec ses anciens bras qui se remplissent lors des inondations. Nous avons aussi l’Avauterre qui est un écosystème très riche et les fossés qui doivent être protégés le long du chemin de halage.

Seine et Marne Environnement a organisé une première promenade découverte lors de la journée des zones humides. Hélas, Covid oblige, le nombre de participants était limité à 5. L’intérêt des rives de l’Avauterre et, en particulier de l’ile du Berceau, a été mise en évidence. Nous avons toutefois noté la présence d’une plante invasive : la Renouée du Japon. Cette plante risque de s’étendre au détriment des espèces locales (elle est d’ailleurs inscrite à la liste des 100 espèces les plus préoccupantes de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) ). Il est nécessaire d’envisager son élimination mais elle ne pourra être effective qu’après plusieurs années d’effort.

On touche ici la difficulté liée à la combinaison entre biodiversité et espèce invasive : La renouée est une belle plante qui forme des haies épaisses, les jeunes feuilles et les jeunes tigres sont comestibles, elle est utilisée dans l’industrie pharmaceutique et fait partie de la pharmacopée chinoise depuis des siècles. Mais ici elle se répand au détriment des autres espèces végétales locales (en particulier des roseaux) qui sont le refuge de nombreux animaux. Donc une belle plante utile et capable de pousser jusque sur les pentes des volcans mais qu’il est préférable de voir en Asie qui est sa terre d’origine.