Artificialisation des sols

La loi Climat er Résilience vise à terme l’arrêt total de l’artificialisation nette des sols, pour bien comprendre la teneur de cet objectif 3 définitions sont contenues dans la loi :

 » L’artificialisation est définie comme l’altération durable de tout ou partie des fonctions écologiques d’un sol, en particulier de ses fonctions biologiques, hydriques et climatiques, ainsi que de son potentiel agronomique par son occupation ou son usage »

 » La renaturation d’un sol, ou désartificialisation, consiste en des actions ou des opérations de restauration ou d’amélioration de la fonctionnalité d’un sol, ayant pour effet de transformer un sol artificialisé en un sol non artificialisé. »  

 » L’artificialisation nette des sols est définie comme le solde de l’artificialisation et de la renaturation des sols constatées sur un périmètre et sur une période donnés. »

 Un décret du Conseil d’Etat est attendu pour bien préciser quel terrain est artificialisé. On peut toutefois imaginer la relation forte entre l’artificialisation et l’imperméabilisation mais un terrain peut être rendu inapte à toute végétation sans pour autant être imperméable…

Quoi qu’il en soit les principes de la loi Climat et Résilience doivent être pris en compte dans les documents d’urbanisme et dans toutes les réflexions stratégiques.

La commune peut assez aisément gérer les surfaces bâtis mais il n’est pas toujours aisé de connaitre l’évolution d’une zone derrière un mur ou une haie. Or, souvent l’artificialisation par les terrasses et les voies d’accès est importante. Si les permis de construire sont soigneusement étudiés, seule la sensibilisation et la motivation des habitants peut permettre d’éviter les « dérives discrètes ».
Cette évolution du regard de la loi sur la végétalisation et/ou la restauration des zones humides satisfait certains d’entre nous mais elle vient perturber les habitudes des autres. Elle vient aussi nous obliger à nous adapter à une autre façon de regarder autour de nous.
Certes un trottoir en enrobé est bien net mais un trottoir en herbe est plus respectueux de l’environnement. S’il y a un accès à une propriété il va falloir remplacer l’herbe par autre chose pour renforcer au niveau du passage des roues … de préférence des pavés non jointoyés au ciment mais alors il y poussera de l’herbe… Un trottoir trop « nature » peur être mal adapté aux personnes à mobilité réduite… Nous voyons que même pour un petit bout de voirie de multiples contraintes se télescopent alors qu’il est à prendre en compte dans l’artificialisation du territoire. Seule une analyse complète (et complexe) des besoins peut apporter une piste de solution en fonction du site étudié. Le principe de gestion différenciée s’applique partout.

La loi rend tous les objectifs simples, les atteindre nécessite beaucoup de réflexion et de travail. Est-il envisageable de lutter contre « l’articialisation sauvage » sans la responsabilisation de toute la population ? De même la renaturation d’une commune peut-elle se faire sans l’adhésion de ses habitants ?