Transition écologique et Végétalisation urbaine

Ce n’est plus un secret, le climat évolue trop vite et il s’ensuit de nombreux dérèglements. Il est admis que la présence de végétaux est un des rares moyens qui nous est offert pour combattre naturellement l’accumulation de chaleur dans les zones urbaines. Les végétaux sont aussi des capteurs d’oxyde de carbone et producteurs d’oxygène. Il faut donc planter sans compter.

Mais toutes les plantations n’ont pas le même impact sur l’environnement. Ce n’est pas parce qu’un fleurissement est agréable à regarder qu’il est favorable à la biodiversité, ni qu’il est écologique. Tous les espaces verts ne se valent pas !

Un schéma montre les diverses solutions possibles et leur impact en partant du principe que l’entretien des espaces verts est réalisé en tenant compte du respect de l’environnement

Il apparait de façon évidente que les types de végétalisation qui demandent le plus d’entretien et consomment le plus d’eau sont aussi ceux qui sont les moins utiles.

Ce constat vient heurter nos habitudes : la pelouse tondu ras comme un green de golf est sans doute jolie mais c’est une hérésie pour une approche écologique; les jardinières fleuries sont belles et décorent nos rues mais elles représentent un entretien très lourd et n’ont souvent aucun intérêt environnemental du fait des plantes qui s’y trouvent.
A l’inverse la prairie traitée en fauchage tardif, le massif de pleine terre avec des vivaces locales, le buisson, la haie champêtre, le petit bois de feuillus, les plantes accrochées au mur … tout cela a un réel intérêt pour la biodiversité et pour le climat.

Il semble difficile de tout chambouler tant les regards se sont habitués à voir des géraniums aux fenêtres (pardon des pélargoniums car le géranium est vivace est à recommander dans les massifs). Mais il est possible de faire entendre une autre vision du végétal dans la ville. Se réclamer de la transition écologique veut dire être prêt à changer ses habitudes et à encourager son entourage à faire de même.
Il n’est absolument pas question de renoncer à planter, même sans jardin, un balcon peut être un excellent refuge de biodiversité. Il faut juste choisir ce qu’il est souhaitable de planter.

Transition n’étant pas rupture, nous devons concilier les diverses approches au sein d’une gestion différenciée des plantations sans jamais oublier quelle est la cible : quelques zones de pelouse et des cheminements tondus régulièrement ; beaucoup de zones traitées en fauchage tardif et des prairies fleuries, partout des haies champêtres, des plantes vivaces locales et des bulbes naturalisés, sans oublier les pieds des murs de nos rues. Et chaque fois que cela est possible des arbres feuillus, y compris sur les places, pour lutter contre les canicules.

Faut il pour autant supprimer les jardinières ? Surement pas ! Dans les lieux où elles sont les seuls espaces végétalisés, elles peuvent y jouer un rôle intéressant pour la biodiversité. Mais il faut y planter des espèces peu gourmandes en eau et de préférence locales (coquelicot, mauve, bourrache, marguerite, sauge, chèvrefeuille, campanule, scabieuse…) mais aussi des plantes aromatiques appréciées par les insectes pollinisateurs et pourquoi pas des légumes ? Il est possible de réaliser des ensembles agréables autant qu’utiles. On trouve sur Internet de multiples conseils à ce sujet(par exemple : noe.org/media/missions/guide-balcon-web.pdfns/guide-balcon-web.pdf). Il suffit juste de vouloir modifier ses habitudes.

Beaucoup pensent que c’est à la commune de donner l’exemple pour restaurer la biodiversité dans la ville.
Le comportement de la municipalité est certes essentiel mais il ne faut pas oublier que l’action de la commune n’est que le reflet des attentes de ses habitants. Il nous appartient à tous de les faire évoluer.