Les BIOdéchets

Le terme biodéchet englobe tous les déchets considérés comme biodégradables. On y trouve donc les déchets de cuisine et ce qu’il est courant d’appeler les déchets verts (feuilles, tailles de haies, tontes des pelouses…La loi précise :

« Les biodéchets représentent un tiers des poubelles résiduelles des Français ; c’est un gisement non négligeable qu’il faut maintenant détourner de l’élimination en vue d’une économie circulaire de la matière organique. Tous les particuliers doivent disposer d’une solution pratique de tri à la source de leurs biodéchets avant 2025. »

Deux cas sont évidemment à distinguer :
1/ J’habite en appartement je n’ai probablement que des déchets de cuisine
2/ J’habite dans une maison avec jardin, je suis confrontée à la totalité des biodéchets.

Les déchets de cuisine : Ils sont composés de déchets « obligatoires » comme les épluchures ou les os, mais aussi de déchets « évitables » comme ceux résultants du gaspillage alimentaire.
La loi va imposer une collecte séparée de ces déchets, c’est une solution simpliste : il suffira de trier et d’avoir un autre bac poubelle. Mais une collecte supplémentaire veut aussi dire un coût supplémentaire. Or nous sommes engagé dans une démarche de prévention des déchets, ajouter une collecte sans avoir tout fait pour l’éviter équivaudrait à un échec.

Tout biodéchet peut rejoindre le compostage et ainsi produire du compost, matière organique utilisable pour les plantations. Un biodéchet est un déchet produit par un organisme qui était préalablement vivant. Retenir cette définition suffit à trier correctement.

Le compostage peut prendre plusieurs formes. La plus simple est évidemment représenté par le composteur individuel d’extérieur quand on a un jardin. Il peut être plus ou moins élaboré allant du simple emplacement délimité au bac spécifique, comme ceux proposés par le SMICTOM. Il est important de savoir qu’un processus de compostage correctement conduit ne produit aucune odeur. La décomposition des déchets est assurée par la faune du sol, en particulier par les lombrics. Il faut donc que le composteur communique avec la terre du jardin. Il faut aussi que les déchets conservent un peu d’humidité pour être « comestibles ». En période très sèche il faut un peu les arroser.

Le composteur peut aussi être collectif, par exemple au pied d’un immeuble. Son usage suppose que tous les habitants respectent les consignes de tri. Cette pratique est déjà très développée dans de nombreux pays. On pourrait aussi imaginer un composteur fonctionnant avec des apports volontaires pour les personnes qui résident en appartement ou en maison de ville. Sommes nous assez disciplinés et respectueux de l’environnement pour utiliser correctement ce genre de matériel mis à disposition de la collectivité ? Il faut toujours garder à l’esprit qu’un bac mis à disposition de tous et destiné à un type de déchets s’il est rempli n’importe comment est un bac qui coute cher à la commune et donc à tous les habitants.

Il existe aussi la solution du « lombricomposteur » qui est destiné à être installé dans les appartements. On en trouve de nombreux modèles plus ou moins sophistiqués. Certains sont même associés à la production d’herbes aromatiques ou de légumes.

Les déchets du jardin vont aussi dans le composteur, y compris les feuilles et branches sèches. Si les branchages sont de taille importante il faudra préalablement les broyer. Investir dans un broyeur est intéressant quand on a un grand jardin car le broyât est aussi un matériau précieux au pied des plantations pour éviter la pousse de l’herbe et aider à la conservation de l’humidité. Avec le temps il se transformera aussi en compost ce qui sera également bénéfique.
Mais il ne faut pas se désintéresser totalement des branchages et du bois mort. Garder dans un coin du jardin un tas de vieilles bûches ou un amas de banchages c’est offrir un abri et une réserve de nourriture à la biodiversité locale qui sera également votre alliée pour protéger vos plantations. Et là aussi, avec le temps qui passe, les tas disparaitront peu à peu…

L’image ci-dessus fournit de précieux conseils quant à l’usage d’un composteur de jardin. On n’y met pas les journaux à cause des encres. .Le fumier est un accélérateur de compost on peut l’ajouter ou l’utiliser directement.
Les déchets de viande et de poisson, comme les laitages sont compostables mais il faut les enfouir à une vingtaine de cm pour ne pas avoir d’odeur. Les excréments d’animaux sont souvent déconseillés à cause des parasites possibles (mais quand ils sont déjà dans le jardin…).
La cendre de barbecue n’est pas compostable (mais elle a d’autres usages) tout comme les mégots de cigarettes (qui eux n’en ont pas).
La question des herbes dites mauvaises est plus délicate. Il faut éviter de disséminer dans le futur compost des graines de plantes qu’on ne veut pas voir dans son jardin. Mais si elles ne sont pas en graine, ou si on prend soin de les retirer elles participeront au compost. Une solution préconisée par certains est aussi de les faire tremper 48h au préalable.

Gardons aussi à l’esprit que si tous les biodéchets se décomposent avec le temps et la faune du sol, ce temps reste une notion relative en fonction du déchet considéré. Ainsi le lierre ou les coquilles de noix ne conviennent pas si on veut un compost utilisable rapidement. Les déchets de résineux ont mauvaise presse car ils acidifient, parfois ce peut être un avantage pour certaines plantations…
Il est donc nécessaire de réfléchir un peu aux objectifs que l’on se donne sans jamais oublier que la cible ultime reste le zéro déchet !